Une héroïne chasseresse à Douai

Atalante – Anonyme allemand du XVIe siècle

1520-30,sculpture sur bois (buis), Musée de la Chartreuse de Douai, Inv : A.1437

Anonyme allemand XVIe siècle - Atalante- WEB72dpi

© Douai, Musée de la Chartreuse – Photographe : Florian Kleinefenn

 

Cette statuette en buis taillé figure l’héroïne Atalante.

Elle témoigne de l’élégante formule qu’élaborent au début du XVIe siècle les sculpteurs germaniques, au contact de l’influence maniériste italienne. La posture très dynamique de cette jeune fille à la jambe gauche surélevée, fléchie et légèrement portée en avant, lui permet d’occuper pleinement l’espace. De même l’animation créée par l’envol des drapés fait largement échos aux recherches de mouvement qu’adoptent alors les sculpteurs de l’école germanique. L’ensemble de ces éléments laisse deviner l’athlète et la guerrière qui se dissimulent sous cette coquette robe à crevés et cette pose quelque peu affectée. Car comme nous l’indique la pomme tenue dans cette main gauche, au poignet artificiellement contorsionné, posté sur la hanche, c’est d’Atalante dont il s’agit ici.

 

Abandonnée dans la forêt par son père qui souhaitait un héritier, Atalante est allaitée par une ourse envoyée par Artémis, avant d’être recueillie par des chasseurs. Sous la protection de la déesse, la jeune fille, devient une redoutable chasseresse et participe même avec succès à la célèbre traque du sanglier de Calydon.

Ayant fait vœu de conserver sa virginité, elle met au point un stratagème pour se débarrasser de ses prétendants : ces derniers devaient, pour pouvoir l’épouser gagner une course contre elle. Nombre sont les concurrents malheureux qui perdirent la vie en même temps que l’épreuve. Mais selon Apollodore, la déesse Aphrodite confia à Mélanion, trois pommes d’or que le héros sema dans sa course contre Atalante. La championne s’attarda pour ramasser les précieuses pommes, Mélanion triomphant épousa ainsi la jeune athlète. Mais ayant oublié de remercier la déesse de l’Amour, le couple fut puni : un désir irrépressible les poussa à s’unir dans un temple, et pour ce sacrilège les deux amants furent métamorphosés en lions.

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