Une chasse au sanglier au Musée de Douai

La chasse au sanglier de Calydon, Atelier d’Orazio Fontana

Urbino, vers 1540-1550, coupe en faïence stannifère, Inv : 1999.4.1.

Fontana Orazio La Chasse du sanglier de Calydon

© Douai, Musée de la Chartreuse – Photographe : Dominique Coulier

Vous pouvez observer sur cette belle pièce de majolique italienne appelée  « piatto », c’est à dire un plat, certains des plus grands héros de la mythologie grecque.

D’origine orientale, cette technique se diffuse en occident à partir du XVe siècle, principalement par l’intermédiaire des faïences à reflets métalliques fabriquées en Espagne mauresque, notamment à Malaga et à Valence, et importées massivement en Italie par des navires en provenance de Majorque. D’où le terme de « maiolica » ou majolique qu’on donne à cette abondante production, dont le procédé de fabrication consiste à recouvrir une pièce d’argile d’une glaçure opaque chargée, notamment, d’oxyde d’étain. Les ateliers de fabrication de majolique se multiplient en Italie, primitivement en Toscane, à Florence mais aussi en Emilie-Romagne, à Faenza, dont le terme faïence, qui désigne cette famille de céramique tire son nom.

Ce plat a été fabriqué plus d’un siècle après, dans un des plus talentueux ateliers d’Urbino, celui d’Orazio Fontana, à qui on attribue l’introduction du décor à « istoriato », c’est-à-dire du décor historié. Les riches aristocrates italiens, à qui ce type de vaisselle d’apparat est destiné, étaient particulièrement friands des thèmes mythologiques, auquel emprunte le sujet choisi ici.

Il s’agit de la chasse au sanglier qui eu lieu dans le royaume de Calydon. Un jour, son roi Oenée, honora tous les dieux sauf Artémis. La déesse, rancunière, envoie un sanglier sanguinaire ravager ses terres. Si le fléau choisi par la divinité parait bien minuscule sur ce plat, le poète Ovide le décrit plus grand qu’un taureau et détruisant tout sur son passage. Le roi est contraint par la férocité du monstre de faire appel à de nombreux héros grecs : Thésée, Jason, Castor et Pollux, et même son fils, Méléagre… Après plusieurs échecs, la troupe tue finalement la créature enragée grâce aux flèches de la guerrière Atalante représentée sur la gauche avec son arc. L’exploit est tel que le prince Méléagre finit par tomber amoureux de cette habile chasseresse.

Vous pouvez retrouver Atalante, toujours au Musée de la Chartreuse, dans une sculpture en bois du XVIeme siècle.

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