Les dieux de l’Amour !

Nouvelle vidéo un peu particulière en attendant les autres qui vont arriver bientôt. Sur l’idée d’Oliver Lapirot du magazine Nord Eka, je me suis essayé à Windows Movie Maker pour monter images et son. Du coup c’est peut-être moins punchy, mais tout aussi informatif et je l’espère entrainant et sympa à voir.

C’est parti donc pour un voyage tout mignon et langoureux sur les terres mythiques du désir !

Alors, qu’en pensez-vous ?

Pour les références aux œuvres et aux sources, tout est marqué sur ma page YouTube 🙂

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Et si Troie était le Gouffre de Helm…

Petit compte-rendu d’une lecture estivale qui m’a agréablement surprise, publiée par la maison d’édition parisienne Bragelonne.

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C’est vrai qu’au départ, j’ai hésité. Encore un roman sur Troie ! Puis j’étais resté sur la déjà intéressante vision de Marion Zimmer Bradley qui dans La Trahison des Dieux, décrit la guerre du point de vue de la princesse Cassandre. On peut aussi citer le roman graphique L’âge de bronze d’Eric Shanower, très immersif. Alors retrouver les mêmes, encore une fois…

L’histoire pourtant m’a surprise et pour cause. Feu David Gemmell (il est mort en 2006) modifie les visions traditionnelles de cette épopée mythologique. Si cela surprend au début, force est de constater que c’est bien fait, assez logique et apporte un peu de nouveauté.  Par exemple ce que l’auteur fait du grand héros Énée. Son père n’est qu’un pirate devenu seigneur égoïste, sa mère n’est pas Aphrodite mais une mère qui se prenait pour une déesse. Puis il rencontre Andromaque pour une petite love story.  Bref, c’est déroutant mais pourquoi pas ?

On suit aussi le destins de personnages inventés mais fascinants comme un esclave égyptien, un guerrier mycénien repentit, un petit pécheur crétois. Les voir évoluer et rencontrer Ulysse ou Priam est vraiment jouissif.

Pour finir et sans trop spoiler, je soupçonne fortement l’auteur d’avoir fini son livre en regardant le dvd du Seigneur des Anneaux : Les deux tours, tant la bataille finale dans la citadelle de Troie ressemble quasiment à celle du Gouffre de Helm : la nuit à tenir, l’attente du sauveur, les femmes et les enfants cachés, les archers, la percée héroïque de guerriers badass… Notez tous les points communs, c’est très amusant. Du coup j’ai hâte de lire les autres tomes pour avoir ma bataille de Minas Tirith, et Enée couronné roi comme Aragorn ?

 

 

Mon credo de médiation

Voici une très belle citation de Paul Rasse, professeur en Sciences de l’information et de la communication et qui résume parfaitement ma vision et les travaux que je mène.

« Il s’agit cette fois de faire en sorte que les situations de médiation soient aussi des espaces de dialogue sur les productions artistiques, où le visiteur n’est pas seulement considéré comme ignorant, mais où il peut faire état de son point de vue, mieux, le construire dans la discussion avec les autres, visiteurs, experts, médiateurs aussi.

La médiation serait alors cet espace où le public se fixe l’exigence de participer à la culture, parfois comme profane confronté à des sujets qu’il ne connaît pas, mais toujours en mesure de les discuter à partir de ce qu’il est lui-même. »

In Conception, management et communication d’un projet culturel, territorial éditions, Voiron, 2013, p. 88.

Le grand archer méconnu de Valenciennes

Philoctète, Jean-Baptiste Carpeaux

France, 1852, plâtre, sculpture, Inv : S.90.17, Musée des Beaux-Arts de Valenciennes,

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© La Région des Musées

Cette œuvre de Jean-Baptiste Carpeaux montre toute la richesse intellectuelle et artistique que devait acquérir un jeune sculpteur au milieu du XIXe siècle.

Né à Valenciennes en 1827, il s’installe onze ans plus tard à Paris avec sa famille. Il prend des cours de dessin et entre à dix-sept ans à l’école des beaux-arts où il reçoit une pension de Valenciennes. La sculpture l’intéresse et il prend des cours chez François Rude, grand sculpteur romantique. Son but est alors d’obtenir le Grand Prix de Rome qui permet à l’étudiant de vivre trois ans en Italie pour se former auprès des œuvres antiques. Pour réussir ce concours, il faut réaliser une œuvre imposée qui a souvent pour thème les épisodes de la Bible ou de la mythologie gréco-romaine. En 1852, le sujet porte sur Philoctète blessé à Lemnos. Les prétendants doivent proposer une sculpture originale tout en restant dans les normes du néoclassicisme : matière lisse, immobilité et dignité des formes… Le jeune sculpteur peine à trouver l’inspiration et pour la posture du héros, il s’inspire d’un des fils du Laocoon, célèbre sculpture antique retrouvée à Rome à la Renaissance. Il n’obtiendra alors que le Second Prix, avant d’obtenir le Concours deux ans plus tard avec une autre sculpture de sujet mythologique, également présente au musée : Hector implorant les dieux en faveur de son fils Astyanax.

Héros d’une tragédie de Sophocle, Philoctète est pourtant rarement évoqué lorsque l’on parle de la Guerre de Troie. Ami d’Héraclès, celui-ci lui confie ses fameuses flèches et son arc avant de mourir. Philoctète est alors un des plus grands guerriers de l’armée grecque qui s’apprête à assiéger la ville de Troie. Mais en chemin, il se fait piquer par un serpent. Sa blessure s’infecte et sent tellement mauvais que les Grecs l’abandonnent sur l’île de Lemnos. C’est dans cette posture que le représente Carpeaux, avec ses armes déposées à terre et se touchant le pied où un bandage cache l’horrible plaie. Au bout de neuf ans, les Grecs ne parvenant toujours pas à remporter la guerre, leur devin leur demande de retrouver Philoctète. Ramené devant Troie, le héros est enfin soigné et tue, grâce à ses flèches, le prince troyen Pâris. Peu de temps après, il participe à l’épisode du Cheval de Troie qui conduit à la destruction de la ville et à la victoire des Grecs.

Être pétrifié en plein cœur de Lille

Tête de Méduse, Anonyme

Chêne sculpté et fer (serpent sommital), Lille,1691, H: 37 cm x L: 68 cm, ML 35.1

Trois têtes de Gorgones habillé© Musée de l’Hospice Comtesse photographie : Fréderic LEGOY

Cette pièce fait partie d’un ensemble de trois têtes qui permet de nous éclairer sur un ancien bâtiment de Lille assurant le pouvoir des rois français : le Bureau des Finances.

Une chambre des comptes existe à Lille depuis 1385 et son installation par Philippe Le Hardi, duc de Bourgogne. Elle permettait de contrôler les finances des communes proches, de gérer les archives fiscales mais aussi de réaliser certains jugements en appel. C’était un outil précieux aux mains des dirigeants bourguignons puis espagnols.

Après la conquête de Lille par la France, Louis XIV transforma la chambre en Bureau des Finances et augmenta ses prérogatives sur les provinces de Flandre, d’Artois, du Hainaut…Les présidents et trésoriers du Bureau étaient alors de la haute bourgeoisie flamande, ce qui accéléra leur intégration dans le royaume. Mais avec la Révolution française, le bureau disparut.

Trois têtes pour trois sœurs : Sthéno, Euryale et Méduse. Elles étaient tellement laides que quiconque les regardait mourrait pétrifié. Méduse était différente de ses deux sœurs puisque seule, elle était mortelle.

Le héros Persée est chargé de la tuer pour rapporter sa tête au roi de l’île de Sériphos. Il se fait aider par les dieux Athéna et Hermès qui lui donnent notamment une épée, un bouclier et des sandales ailées. Persée se sert du bouclier comme d’un miroir pour ne pas croiser le regard du monstre puis lui tranche la tête. Il s’enfuit très rapidement pourchassé par les deux sœurs de Méduse. Du sang de celle-ci naît notamment le cheval ailé Pégase.

Pourquoi ces représentations dans ce bâtiment ? Peut-être pour montrer aux habitants ce qui les attendait s’ils ne payaient pas leurs impôts.

Si vous voulez connaître la suite des aventures de Persée, cherchez la princesse Andromède dans une peinture de Paul-Alexandre Deschmacker à la Piscine de Roubaix.

Une course-poursuite musicale à Hazebrouck

Pan et Syrinx, Pierre-Paul Rubens, Jan Wildens,

XVIIe siècle, huile sur toile, Inv : M.N.R 404 / D 85-1. Hazebrouck, Musée des Augustins

Pan&Syrinx-Hazebrouck

© Musée des Augustins d’Hazebrouck

Tableau dont la provenance est mystérieuse, longtemps considéré comme une œuvre de Rubens, il n’en représente pas moins un épisode très populaire durant l’âge d’or de la peinture hollandaise.

Pierre-Paul Rubens est un des plus grands artistes du XVIIe siècle. Privilégiant la couleur dans ses œuvres, il fut surnommé par Delacroix , le « Homère de la peinture ». La peinture mythologique est alors en vogue et Rubens réalise de nombreuses œuvres exposées dans les musées du monde entier. En 1610 il emménage à Anvers dans une nouvelle demeure qui devient un grand atelier où collaborent de nombreux peintres comme Antoon Van Dyck et Jan Brueghel l’Ancien. Il est ainsi parfois compliqué de savoir qui a réalisé tel tableau, comme c’est le cas ici. Il s’agit alors probablement d’artistes s’étant inspirés du maître.

Ce tableau a également une histoire particulière : comme cinq autres œuvres du Musée des Augustins d’Hazebrouck, il possède la mention MNR ou « Musées Nationaux Récupération ». Il s’agit de peintures volées par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale et retrouvées par les Alliées. N’ayant pour l’instant jamais retrouvé leur propriétaire, les musées sont tenus de les exposer le plus souvent possible.

Ce tableau raconte un épisode très célèbre des Métamorphoses d’Ovide que vous pouvez aussi retrouver au Musée de l’Hospice Comtesse à Lille ou au Musée des Beaux-Arts d’Arras.

Syrinx est une hamadryade (divinité des arbres) dont le dieu des bois Pan mi-homme mi-bouc, tombe éperdument amoureux. Il la poursuit dans la forêt et pour ne pas se faire violer, Syrinx demande l’aide des dieux. Elle est alors transformée en roseaux au bord d’une rivière. Pan remarque que le vent fait d’étranges sons avec cette plante. Il coupe les roseaux en morceaux de plusieurs longueurs, les attache entre eux et en fait un instrument de musique à vent. Il l’appelle « syrinx » et garde ainsi sa bien-aimée auprès de lui. On nomme aujourd’hui cet instrument « la flûte de Pan ».