Coup de coeur cinéma 2019 : « Adults in the room »

 

Hermès : Oh Apollon, je viens t’apporter mon bilan de l’année 2019 !

Apollon : Oh oui, un TOP 10 comme c’est original ! Et à la fin, je parie que c’est Joker, Parasite ou Les Misérables qui gagnent.

Hermès : Tu me connais mal Apollon ! Déjà non, il n’y aura pas les films que tu viens de citer et en plus ce ne sera pas un TOP 10 mais un TOP 5 enfin, plutôt un Top 3 et 2 coups de cœur.

Apollon : Oh mais tu te la pètes en plus ! Nianiania, Monsieur ne fais rien comme tout le monde et est en fait un gros bobo !

Hermès : C’est que je n’ai pas une grosse mémoire et puis mes 2 coups de cœur, disons que je ne suis pas assez objectif pour être honnête et les placer dans un TOP.

Apollon : T’es con où quoi ? Aucun avis n’est objectif, c’est le principe des critiques cinémas !

Hermès : Oh écoute grand frère, merde, hein ! Laisse moi tout t’expliquer.

Apollon : On est là pour ça non ?

Hermès : Alors mon premier coup de cœur de l’année 2019 est….

Apollon : Adults in the room !

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Hermès : Oh, comment tu sais ?

Apollon : C’est le titre de l’article et on voit l’image juste au-dessus.

Hermès : Certes. Donc film du grand cinénaste franco-grec Costa-Gavras, sorti le 6 novembre dernier.

Apollon : Et pourquoi tu n’es pas objectif sur ce long-métrage ?

Hermès : Il parle de la Grèce ! Or, tout ce qui touche à la Grèce depuis mon Erasmus en 2009 me parle. Que cela soit sur la mythologie, le rebetiko (courant musical populaire), les camps de réfugiés à Lesbos… Un film sur la Grèce qui passe, forcément je veux le voir et j’y trouverai un intérêt. Il faudrait vraiment que le film soit très mauvais pour que je décroche.

Apollon : Il parle de quoi celui-là, une histoire de famille avec des parents qui veulent abandonner leurs enfants ?

Hermès : Pas du tout… de la crise grecque. Tu suis le parcours de leur ministre de l’économie, Yanis Varoufakis, pendant 5 mois en 2015 quand l’extrême gauche a été au pouvoir. Comment les instances européennes vont alors leur empêcher de réaliser des mesures sociales et plonger le pays encore plus dans la crise. Un film sur l’économie et la politique qui se passe dans les bureaux de Bruxelles, Francfort et Strasbourg.

Apollon : Oh mais ne serait-ce pas un synopsis de film supra-chiant ?

Hermès : …moui, d’où ma non objectivité. J’ai trouvé cela passionnant car la thématique m’interpelle. Comment empêche-t-on des hommes avec les meilleurs intentions du monde à gouverner et à appliquer ce pourquoi ils ont été élus ? Je suis un Européen convaincu mais ce film montre de l’intérieur que dans les instances dirigeantes de l’Union Européenne, il y a des choses qui clochent. Surprise, c’est la toute puissance de l’argent qui se fait au détriment des peuples.

Apollon : Oh un film marxiste.

Hermès : Oui, on peut lui reprocher son point de vue unilatéral : les méchants Allemands et Français contre le courageux ministre grec.

Apollon : Et dans la forme ?

Hermès : Ben justement, c’est génial. Je n’ai pas vu beaucoup de films de ce réalisateur mais il maitrise grave ! Je veux dire, il y a un vrai sens du rythme avec des mouvements de caméra qui suivent les arguments des uns et des autres comme dans un match de boxe. Et en même temps il y a parfois un vrai lyrisme. Costa-Gavras se permet de ces trucs, genre vers la fin, le premier ministre grec danse une sorte de ballet avec des artistes contemporains dans une salle de Bruxelles, comme s’il était une sorte de pantin coincé dans un monde qu’il ne comprend pas. Ce n’est absolument pas réaliste mais cette scène permet de sortir de l’adaptation littéral du bouquin [le film est basé sur le livre de Varoufakis]. Et on voit que le réalisateur se permet ainsi des libertés qui aèrent le propos.

Apollon : Toi et ton lyrisme, c’est vrai que plus un film est zarb et lent, plus tu kiffes !

Hermès : Pas forcément et puis crotte y a du mainstream dedans, la musique est d’Alexandre Deslpat, notre frenchie national qui fait plein de musiques pour les grand réalisateurs américains.

Apollon : Je parie qu’il remixe du sirtaki.

Hermès : Oui, bon, ok, c’est vrai. Mais il s’en sort très bien. Je suis en train de le réécouter là, c’est  assez cool. Justement cette musique a des accents très traditionnelles [D’ailleurs la saviez-vous, le sirtaki n’est pas vraiment une danse très ancienne de la culture grecque mais a été créé… pour le cinéma à l’occasion du film Zorba le Grec de Michael Cacoyannis en 1964] et de l’entendre dans des salles très froides d’hommes en cravate, donne un côté très farce et burlesque au film.Je finirai là-dessus, je trouve que ce film est aussi très drôle. On en ressort sonné, avec plein de questions politiques dans la tête et en même temps, le film pointe du doigt l’absurdité de toute cette période et comme quoi il faut parfois en rire (même si bon le pauvre peuple grec, il a (et encore aujourd’hui) beaucoup souffert.)

Apollon : Et bien merci pour cet avis pour un film qui a été de plus un certain échec au box office français.

Hermès : Justement, si on peut le défendre un peu ces films là.

Apollon : Euh… c’est trop tard, tu aurais du faire cette critique en novembre.

Hermès : Pour le dvd alors !

Apollon : Bon et ton deuxième coup de cœur ?

Hermès : Prochain article 🙂 !

 

 

 

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