Wonder Woman, un film ni mythologique, ni féministe ?

Il y aurait tant à dire sur ce film ! Moi-même je ne sais toujours pas quoi en penser….. Enfin si ! Je crois qu’en tant que spectateur je l’ai trouvé assez triste mais en tant que chercheur et spécialiste de la mythologie, j’y ai trouvé des choses assez…intéressantes. Analysons donc tout ça rapidement avec de petites remarques, sans spoiler !

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# Une héroïne de la mythologie grecque ?

  • Les Amazones du film ? Elles tiennent plus des elfes dans « Le Seigneur des anneaux » que des légendes antiques (j’en ferai un article prochainement) Et puis bordel, arrêtez avec les bustiers montrant des poitrines, cela n’a aucun sens (pratique, archéologique, militaire…).  Les Amazones sont présentées comme des guerrières….qui ne se battent contre rien puisqu’elles refusent de se mêler au monde des hommes, restant sur leur île perdue de la mer Égée.
  • Le background du film est une relecture chrétienne et manichéenne des mythes grecs (merci à Élise pour ses remarques). Tout est dit dès le départ : Le gentil Zeus contre le méchant Arès (pour une fois que ce n’est pas Hadès), la faute originelle des hommes, la loi du talion (œil pour œil, dent pour dent), l’immaculée conception, le « Aimez-vous les uns les autres »…
  • L’épée magique ! Référence à Excalibur non ?
  • L’évolution du dieu de la Guerre Arès dans la dernière partie du film est bien vue. Où se cache le mal, finalement ?
  • C’est donc plus un film historique sur la Première Guerre Mondiale avec des développements plutôt pertinents sur les notions d’armes de destruction massive, d’armistice, des civils/militaires, d’esprit de corps.

 

# Un film important pour la cause féministe ? NON !!!

  • Wonder Woman est naïve la plupart du temps. Et puisque tout est joué au premier degré (j’ai détesté les deux acteurs principaux), on a l’impression de voir une pauvre femme ne rien comprendre au monde à part que oui, elle sait se battre et peut aimer. Un exemple ? La scène du bateau, (quand nos deux héros vont de la Turquie à Londres en une nuit grâce à une embarcation à voile, LOL.) où nous assistons à un ramassis de clichés digne des premières scènes de Qu’est ce qu’on a fait au bon dieu ?. Wonder Woman ne peut se débrouiller seule, sauf pour dégommer du Germain. Pas si loin de la vision de la femme dans la mythologie grecque en fait !
  • Un seul bon point : Lorsque au départ, on voit que l’héroïne est conservatrice du Musée du Louvre (bon, entourée d’œuvres plus dignes d’un musée d’ethnologie, mais passons) !

 

Si cela vous intéresse, vous pouvez toujours regarder quelques passages de la longue vidéo-radio de mes réactions à chaud avec la super Hana Poulpe et Nyna  :

Parler d’Arès le bouffon, dans un super festival !

Samedi 4 juin à 10h, j’ai eu la chance de participer à une table ronde au Festival d’Histoire de l’Art de Fontainebleau. Événement gratuit qui a proposé pendant trois jours de nombreuses activités très ludiques.

Le sujet de la table ronde ? Le rire des dieux !

http://festivaldelhistoiredelart.com/programmes/rire-des-dieux/

Avec deux grands universitaires (Dominique Bertrand et Bruno Roche) nous avons pu aborder ce passionnant sujet. J’ai alors réalisé une petite intervention d’une vingtaine de minutes autour d’un dieu mal aimé : Arès, le dieu de la Guerre.

festival histoire de l'art

L’idée était de montrer que ce dieu brutal et violent est souvent moqué dans les mythes grecs (notamment par Homère), au point qu’il en devient ridicule. Athéna, Hermès, Apollon, Hercule rient alors de lui, comme nous aussi d’ailleurs. Assez paradoxal, non ? J’ai alors fait une petite chronologie des représentations de ce dieu : des vases grecs, en passant par les manuscrits médiévaux, puis les nombreuses peintures, jusqu’au film Hercule de Disney ou au manga d’Elsa Brants. Le public qui a bravé les grèves et intempéries a alors été très curieux et j’ai eu des questions très intéressantes.

Vous voulez en savoir plus ? Voici le contenu de ma conférence en pdf :Ballaguy Cyrille – Arès, ni guerrier ni amant, mais toujours bouffon

Et un grand merci au festival, aux autres intervenants et à ma super belle-famille pour leur soutien.

Un peu de manga au PBA

Ce matin, en prévision de ma future intervention le 4 juin au Festival d’Histoire de l’Art de Fontainebleau sur le Rire des dieux, (http://festivaldelhistoiredelart.com/programmes/rire-des-dieux/) je suis allé consulter les dossiers d’œuvres du Palais des beaux-arts de Lille qui rendent compte du dieu Arès/Mars, et notamment leur fameux petit tableau de David.

Lille_Pdba_david_minerve_mars

Très bien accueilli au Service de documentation du musée, j’ai trouvé plein d’informations très utiles pour ma future intervention.  A la fin, je me suis alors permis de leur proposer une photocopie d’une parodie de la peinture réalisée par l’auteur Elsa Brants à la fin du Tome 2 de son génial manga Save me Pythie.

p 170 save me pythie arès© Elsa Brants – Kana (Dargaud-Lombard s.a.) 2014

L’idée fut acceptée, puisque les dossiers d’œuvres ont une rubrique « analogie » pour tout ce qui permet de donner des visions différentes de leur objet d’étude.

Un très bel exemple des liens possibles que peuvent tisser grands musées et mangas !

Voici un lien vers les ouvrages d’Elsa Brants : http://www.kana.fr/produit/save-me-pythie-t1/