Fin de Thèse + Calendrier Octobre

Par tous les dieux de l’Olympe, cela fait plus de 3 mois que je n’ai point écrit d’articles ici. Vous savez pourquoi ?

Car j’étais occupé à ça :

première page

Quelques semaines de folies pour rendre effectivement ma thèse dans les temps ! Fin de rédaction, relecture, re-relecture, re-re-relectures, annexes, bibliographie, remerciements, index, sommaire, page de garde…. Bref maintenant, c’est envoyé et depuis le 1er octobre, je suis officiellement au chômage !!

Je vais donc pouvoir reprendre mon rythme d’un article par semaine, j’ai d’ailleurs plein d’idées (et de temps), vous allez voir ! Si vous êtes sur Lille, je vous invite aussi à plusieurs petits événements où je serai présent :

 

  • Et bien sûr noter dès à présent la date du vendredi 8 décembre à 14 h pour ma soutenance. Promis, je vais tout faire pour que cela soit drôle et sympa !!! Ma soutenance passée, je mettrai en ligne intégralement sur mon blog ma thèse en pdf :)!

 

Publicités

Wonder Woman, un film ni mythologique, ni féministe ?

Il y aurait tant à dire sur ce film ! Moi-même je ne sais toujours pas quoi en penser….. Enfin si ! Je crois qu’en tant que spectateur je l’ai trouvé assez triste mais en tant que chercheur et spécialiste de la mythologie, j’y ai trouvé des choses assez…intéressantes. Analysons donc tout ça rapidement avec de petites remarques, sans spoiler !

Wonder_woman_movie_logo_by_alexbadass-d9okbsa

# Une héroïne de la mythologie grecque ?

  • Les Amazones du film ? Elles tiennent plus des elfes dans « Le Seigneur des anneaux » que des légendes antiques (j’en ferai un article prochainement) Et puis bordel, arrêtez avec les bustiers montrant des poitrines, cela n’a aucun sens (pratique, archéologique, militaire…).  Les Amazones sont présentées comme des guerrières….qui ne se battent contre rien puisqu’elles refusent de se mêler au monde des hommes, restant sur leur île perdue de la mer Égée.
  • Le background du film est une relecture chrétienne et manichéenne des mythes grecs (merci à Élise pour ses remarques). Tout est dit dès le départ : Le gentil Zeus contre le méchant Arès (pour une fois que ce n’est pas Hadès), la faute originelle des hommes, la loi du talion (œil pour œil, dent pour dent), l’immaculée conception, le « Aimez-vous les uns les autres »…
  • L’épée magique ! Référence à Excalibur non ?
  • L’évolution du dieu de la Guerre Arès dans la dernière partie du film est bien vue. Où se cache le mal, finalement ?
  • C’est donc plus un film historique sur la Première Guerre Mondiale avec des développements plutôt pertinents sur les notions d’armes de destruction massive, d’armistice, des civils/militaires, d’esprit de corps.

 

# Un film important pour la cause féministe ? NON !!!

  • Wonder Woman est naïve la plupart du temps. Et puisque tout est joué au premier degré (j’ai détesté les deux acteurs principaux), on a l’impression de voir une pauvre femme ne rien comprendre au monde à part que oui, elle sait se battre et peut aimer. Un exemple ? La scène du bateau, (quand nos deux héros vont de la Turquie à Londres en une nuit grâce à une embarcation à voile, LOL.) où nous assistons à un ramassis de clichés digne des premières scènes de Qu’est ce qu’on a fait au bon dieu ?. Wonder Woman ne peut se débrouiller seule, sauf pour dégommer du Germain. Pas si loin de la vision de la femme dans la mythologie grecque en fait !
  • Un seul bon point : Lorsque au départ, on voit que l’héroïne est conservatrice du Musée du Louvre (bon, entourée d’œuvres plus dignes d’un musée d’ethnologie, mais passons) !

 

Si cela vous intéresse, vous pouvez toujours regarder quelques passages de la longue vidéo-radio de mes réactions à chaud avec la super Hana Poulpe et Nyna  :

Zeus, mon père Noël !

Au nom de toutes les déesses et dieux grecs, je vous souhaite une belle et heureuse année 2017 ! Que vous puissiez réaliser tous vos travaux sous les hospices d’Asclepios et de Fortuna !

Ce 25 décembre fut assez prolixe et le père Noël m’a fait quelques surprises :

imag4754

  • un classique des films mythologiques : La Médée de Pier Paolo Pasolini. Où comment aborder la mythologie d’un point de vue ethnologique. Médée est en effet une barbare d’un peuple primitif face au rationalisme et à la « civilisation » incarnée par Jason. C’est étrange et magnifique (avec Maria Callas dans le rôle titre).
  • Un autre classique : Hercule à la conquête de l’Atlantide, de Vittorio Cottafavi. Un Hercule très intéressant pour son sous-texte politique (les Atlantes = les Nazis) et la figure d’un Hercule drôle et peu combattant.
  • Celtika de Robert Holdstock. Le scénario de base est juste tellement surprenant : Merlin l’enchanteur a participé à l’expédition des Argonautes et découvre 700 ans plus tard que Médée n’a en fait pas tué les enfants de Jason. Il ressuscite ce dernier et son navire pour les retrouver. Cela ne vous donne pas envie ? Dès que je l’aurai fini, j’en ferai un petit article.
  •  Kréo. Un jeu de cartes où vous incarnez des Titans qui rêvent de construire une nouvelle planète. Sans parler, les joueurs doivent ensemble créer un nouveau monde. Mais attention aux Cyclopes et autres Hécatonchires (monstres à 100 bras et 50 têtes)
  • Un super dictionnaire comparatiste sur tous les dieux, déesses et démons, réunis par l’essayiste Patrick Jean-Baptiste. C’est vraiment une mine d’informations dans une langue très accessible. J’apprends un nouveau dieu chaque soir avant de m’endormir.
  •  Un Zeus en Playmobil que ma belle-tante a fait venir directement de Grèce (j’ai les timbres). Il y a vraiment tout : le trône, le sceptre, l’éclaire et l’aigle !
  • Puis pour finir, un petit intrus. C’est toujours de la mythologie, mais nordique cette fois. Völupsa est un jeu de société très sympa qui se présente sous la forme de petits dominos. Chaque dieu et monstre a des pouvoirs qui vous permettront de remporter le plus de points possible. Depuis la commande d’un article sur Thor par le magazine Arkéos, je m’intéresse de plus en plus aux mythes du Nord de l’Europe.

Voilà, j’espère que tout cela vous a donné quelques idées de cadeaux (Noël est fini, mais c’est bientôt les soldes non ?) et encore tous mes vœux !

Jason, le meilleur peplum mythologique ?

Pour Noël, pourquoi ne pas vous offrir l’un des meilleurs films tiré de la mythologie grecque ?

J’ai nommé Jason et les Argonautes de Don Chaffey sorti en 1963. Avant ce film, ma chérie pensait que les péplums, c’était un peu débile. Heureusement Jason est arrivé !

affiche-jason

Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit des aventures d’un jeune héros grec, Jason, qui souhaite récupérer son royaume, volé par son oncle. Pour se faire, il décide de rapporter du bout du monde (ce qui pour les Grecs correspond à…l’Ukraine) la « toison d’or », objet mystérieux qui donne paix et bonheur à qui la possède. Il engage alors d’autres héros qui se nommeront les « Argonautes » du nom de leur bateau, l’Argos.

Alors voici mon Top 5 des raisons pour (re)voir ce film :

1.Il ne déglingue (pas trop) les sources antiques et en l’occurence la principale : Les Argonautiques d’Apollionios de Rhodes. L’épopée de Jason est plutôt bien respectée, même si le centaure Chiron, la déesse Athéna ou les héros Castor, Thésée, Atalante ne sont pas présents. Puis la magicienne Médée parait toute gentille, sans aucune mention de l’assassinat de son frère (qu’elle coupe normalement en morceaux  pour permettre à Jason de fuir)

2. Les effets spéciaux du grand Ray Harryhausen. C’est un maitre-précurseur du stop-motion et ses monstres sont  magistraux. Ils vieillissent très bien pour un film des années 1960. Un petit faible pour le géant Talos (construit par Héphaïstos) dont l’animation et les sons rendent bien compte de sa constitution en métal.

talos1

3. La vision des dieux. Zeus et Héra sont tellement drôles. Ils se querellent sans cesse en jouant sur un plateau géant où les hommes ne sont que des pions. Puis ils se plaignent que les hommes ne croient plus en eux, Jason le premier.

4. L’histoire d’amour entre Hercule et Hylas est sous-entendu (ce qui, pour l’époque est déjà pas si mal). Dans le mythe, le grand Hercule a pour amant le jeune Hylas. Ce dernier ayant disparu, Hercule abandonne les Argonautes pour le chercher. Le film s’en sort alors plutôt bien en montrant les forts liens qui les unissent et qui peuvent passer à première vue pour de l’amitié. Mais dans ce cas, pourquoi Hercule abandonne ses compagnons pour chercher Hylas qui a disparu?

5. La scène des Harpies dans le second temple d’Héra à Paestum. L’équipe du film a pu tourner une des aventures de Jason dans ce magnifique site archéologique en Italie. J’envie alors les acteurs/cascadeurs qui ont pu monter sur les colonnes ! jason-and-the-argonauts-color-production-still_1-1963

Il y a tellement d’autres scènes iconiques dans ce film comme le passage des roches broyeuses, le combat contre les squelettes, la danse de Médée…. Bref je vous laisse le soin de décider laquelle est votre préférée.

 

Et si vous voulez aller plus loin :

  • Le Guide de l’Antiquité imaginaire de Claude Aziza : Superbe bible, rééditée cette année avec notamment quelques chapitres sur la mythologie grecque dans la bande dessinée et le cinéma.
  • Le documentaire, Ray Harryhausen : Le Titan des Effets Spéciaux, de Gilles Penso. Pour tout savoir sur ce concepteur qui a influencé tous les grands cinéastes d’aujourd’hui.