Munich mythologique

Cet été, avec ma très estimable belle-famille, j’ai voyagé en Bavière. Et j’ai découvert que le paradis des dieux et déesses n’est pas forcément Athènes ou Rome, mais oui : Munich !

La preuve par l’image….

Alors déjà, j’y tenais oui, j’en rêvais même : leur musée des Antiquités grecques. Imaginez, un musée rien que sur des vases et des statuettes, avec 3 œuvres du grand Exekias dont un qui représente Dionysos transformant des voleurs en dauphins. Puis il y avait même un lit entre les vitrines pour se reposer !

Puis la Glyptothèque, un musée rien que sur des sculptures antiques ! Avec le fronton du temple Aphaïa dont ils ont peint un moulage. Il y a avait une expo d’art contemporain, très sympa avec ce Sisyphe qui porte son rocher pour l’éternité.

Dans les Musées de peintures, (l’Ancienne et Nouvelle Pinacothèque), il y avait aussi de quoi faire. Petit diaporama et n’hésitez pas à me demander si vous souhaitez des infos sur les œuvres. La première est la plus connue, c’est Vénus et Vulcain du Titien (je vous conseille dessus le premier chapitre de l’ouvrage On n’y voit rien de Daniel Arasse, c’est très drôle)

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Enfin en me baladant dans la rue, j’ai vu des trucs assez sympa…

Bref, c’était un séjour divin !

Le grand héros tragique de Boulogne-sur-Mer

Amphore dite du « suicide d’Ajax », attribuée à Exékias

Inv. 558/3, Athènes, vers 530 av. JC, Céramique à figures noires, H : 54, L : 36.8 cm

Suicide d'Ajax habillé - 558.3 © philippe beurtheret-Habillé

Collection du Musée de Boulogne-sur-Mer ©Philippe Beurtheret

*

Considérée par la Revue des amis du musée de Boulogne comme La « Joconde » des vases grecs à figures noires, cette œuvre représente un épisode peu connu de la Guerre de Troie.

Il s’agit d’une amphore, vase qui contenait du vin mêlé à de l’eau et des épices. Réalisé à Athènes, entre 555 et 525 av. J.C, elle est l’œuvre d’un des rares artistes de l’époque dont nous connaissons le nom : Exékias. En effet, celui-ci a signé nombre de ses œuvres même si ce n’est pas le cas avec celle de Boulogne. Il est alors le maître de la technique « à figures noires » qui consiste à représenter le fond en simple argile orangée, alors que les personnages et décors sont en noir, couleur obtenue par une triple cuisson. Les détails sont gravés avec de petits outils. Le génie d’Exékias réside dans ses grandes compositions détaillées, symétriques et montrant la réflexion des personnages.

Nous ne savons pas où fut trouvée l’œuvre qui arriva dans les collections du musée de Boulogne en 1884. Elle est depuis considérée comme un chef-d’œuvre et offre une belle complémentarité avec les autres vases grecs du musée de Boulogne qui constituent la plus riche collection de vases antiques français après celle du Louvre.

Pour comprendre le mythe représenté, il faut replonger en pleine Guerre de Troie. Grecs et Troyens se font face depuis de longues années devant la ville. Achille vient alors de se faire tuer par le prince Pâris, celui-là même qui a causé la guerre en enlevant la belle Hélène. Achille étant le plus fort des héros grecs, les autres lui organisent de grandes funérailles sur la plage. Mais on prend bien soin de mettre de côté ses armes et son armure qui furent créées par le dieu du métal et des forgerons : Héphaïstos. Le chef des Grecs, Agamemnon propose aux guerriers de s’affronter dans des jeux et c’est finalement Ulysse qui l’emporte devant Ajax. Celui-ci, fier, reconnaît difficilement la défaite et en veut à Ulysse. La déesse Athéna décide alors, pendant la nuit suivante, de le rendre fou. Ajax va massacrer un troupeau croyant tuer Agamemnon, Ulysse et les autres. A son réveil, pris de honte, il décide de se suicider en s’empalant sur son épée. Exékias représente le moment précédant le drame, montrant tout le pathétique de cette tragédie.

Si vous désirez voir les armes d’Achille en question, cause de ce malheur, le musée de Cambrai possède une peinture d’Etienne Jeaurat montrant Achille avec ses nouvelles armes en compagnie de sa mère.