Beau bilan du 1er salon du Livre Polar de Tourcoing

Dimanche 29 octobre a eu lieu à l’Hôtel de Ville de Tourcoing le 1er Salon du livre consacré au polar, organisé par le Lion’s Club de Tourcoing – Les Ravennes. J’ai eu la chance de faire parti des auteurs invités, grâce au parrain de l’édition Gilles Debouverie. Pourquoi cette journée fut-elle une réussite ?

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  • un but noble : l’ensemble des recettes a été reversé à l’Association « Les Clowns de l’espoir » qui œuvrent dans le milieu hospitalier.
  • Une organisation au top : Les membres du Lion’s Club, bénévoles et auteurs ont tous été très sympathiques. On a très bien accueilli, on a pu se restaurer et on a profité d’un lieu magnifique que je ne connaissais pas : les grandes salles de l’Hôtel de ville.  Un énorme merci plus particulièrement à Gilles Debouverie et à Oliver Barbier, libraire de « La Ruche au Livres ».
  • De belles rencontres : Tant avec d’autres auteurs comme Winoc (qui m’a fait une belle dédicace de sa bande dessinée sur l’archéologue de Boulogne, Mariette) et Eric Callens mais aussi avec les visiteurs, nombreux. J’ai pu vendre et dédicacer mon ouvrage à Artème, Hippolyte, Capucine, Léandre…

Je suis donc sorti de cette journée ravi et heureux. Merci aussi à ma Psyché, ma cousine Mathilde et ma super amie Nadège d’être venues me voir.

 

Pour en savoir plus :

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SF et Mythologie : « L’homme dans le labyrinthe » de Robert Silverberg

Parmi les grands auteurs, les piliers de la S.F américaine, s’en trouve un que j’aime particulièrement : Robert Silverberg. Ses histoires sont toujours accessibles, bien construites et comme par hasard, ont de nombreux liens avec l’Antiquité. Il a ainsi narré une uchronie où les Romains domineraient encore le monde (Roma AEterna, 2003)  ou à même réécrit le mythe d’Orphée (Le dernier chant d’Orphée, 2012). Pour ma part je l’ai surtout découvert avec L’homme dans le labyrinthe (1970), qui est vraiment très riche par son lien avec un mythe bien précis :

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Alors non, contrairement à ce que pourrait faire penser le titre, il n’y a rien à voir ici avec le fameux labyrinthe de Dédale et avec le Minotaure que doit tuer un preux héros. La référence mythologique est plus obscure : il faut lire la tragédie Philoctète de Sophocle pour s’en rendre compte. Philoctète est un guerrier grec peu connu de la guerre de Troie. Ami d’Héraclès, il en possède le fameux arc et ses flèches empoisonnées. Mais avant d’arriver à Troie, une blessure pestilentiel (et ses terribles cris de souffrance) oblige Ulysse à l’abandonner sur l’île de Lemnos. 10 ans plus tard, il devra cependant venir le récupérer quand un devin annonce que seuls les flèches du bannis feront gagner la guerre… Voici un portrait de ce héros par Jean-Baptiste Carpeaux, exposé au Musée des beaux-arts de Valenciennes :

Philoctéte, Carpeaux

Dans le livre, le labyrinthe est une planète entière : Lemnos (ah ah!). Une mission spatiale y est envoyée pour récupérer Muller, agent diplomatique qui après une mission qui l’a rendu inapte à la vie sociale, est parti se réfugier au cœur des méandres de ce lieu rempli de pièges. La mission a pour ordre de le ramener alors qu’une invasion extraterrestre menace la Terre et que Muller est le seul médiateur possible. Le lien est ainsi évident entre le mythe grec et l’épopée intergalactique

D’autant plus que Silverberg comme Sophocle s’intéresse vraiment à la psychologie des personnages, à leurs drames internes. On comprend les raisons qui ont poussé Muller à la lisière de la folie et son dilemme sur les raisons de renouer avec une humanité qui l’a d’abord chassé. L’homme dans le labyrinthe ferait ainsi tout autant une bonne pièce de théâtre sous la forme d’un dialogue entre cet homme perdu et l’équipe de sauvetage prête à tout pour le récupérer vivant.

De la très bonne S.F enrobée de mythologie (avec un héros sous exploité tant chez les auteurs antiques que actuels), que l’on peut trouver pour moins de 2€ sur la toile (merci les vielles éditions !)

A quoi ressemble le vase ?

Que vous ayez lu ou pas mon livre, c’est un fait, un vase grec du Palais des beaux-arts de Lille se trouve au centre de l’intrigue. Il représente le héros Héraclès en lutte avec un taureau. Et ce vase, et bien c’est celui-là !

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Et à tout vous dire, même en consultant le dossier de l’œuvre au musée, on n’en sait pas beaucoup plus que ce qu’en disent les informations, présentes dans un cartel à côté de l’œuvre. A savoir :

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Un peu compliqué ? Laissez-moi vous éclairer !

  • c’est un lécythe : un vase à parfum (généralement composé d’huile avec des épices). Ce genre de produit coutait très cher, c’est pour cela que le vase est assez petit.
  • Il vient d’Athènes et a été réalisé autour de – 500 et – 470. C’est l’époque de la démocratie et des guerres entre les Grecs et les Perses (si vous connaissez ou avez vu le film 300 de Zack Snyder). Les vases étaient tous réalisés dans un même quartier au nord de la ville, le « Céramique » qui avait vu sur l’Acropole.

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  • On ne sait ni qui est le potier, ni qui est le peintre de ce vase. Sa façon de faire ressemble au Peintre d’Haimon, un artiste vivant à cette époque. Il devait donc s’agir de quelqu’un de son atelier (à l’époque les artisans qui avaient du succès pouvaient avoir de nombreuses personnes travaillant pour eux). Pour preuve, le même sujet est présent dans un vase conservé au musée du Louvre : c’est presque pareil, mais pas tout à fait (les cornes, la tête du héros…)

hercule_crete© Musée du Louvre

  • Il représente le 7eme des 12 travaux d’Héraclès. Il s’agit d’un féroce taureau, cadeau du dieu de la Mer Poséidon au roi de l’île de Crète, Minos. Sauf que cet animal détruit et mange tout sur son passage. Héraclès le capture après une grande lutte et le ramène chez son cousin qui le…relâche dans la nature. C’est le héros Thésée qui, plus tard, le tuera pour de bon.

Et sinon peut-on le voir aujourd’hui au Palais des beaux-arts de Lille ?  et bien non, car le musée rénove les salles du sous-sol où sont d’habitude exposées ces vases grecs. Il faut donc attendre encore quelques mois avant d’espérer revoir ce petit lécythe. Je vous tiendrai au courant !

En attendant pour prolonger sur Internet :

Mon premier livre !

Un vieux rêve s’est réalisé…

J’ai sorti un livre !!

Il parle de mythologie grecque, des Musées de Lille et Boulogne, de kebabs, du Parc Astérix, de médiateurs trop sympas, de la fonction lampe des téléphones, de collectionneurs savants….

Suivez donc les aventures d’Ariane et Thomas !

couverture

Rédigé en quelques mois et grâce à l’appui de ma chère Élise, la maison d’édition Nord Avril m’a fait confiance pour cette première histoire.

L’idée de départ de ce livre (et qui anime toutes mes recherches) est la suivante : Comment amener des jeunes à entrer dans les musées ? Les intéresser à l’Art ? Réponse : en utilisant des liens, des supports qui leur parlent, qui nous parlent. Dans le deuxième chapitre de ce livre, le jeune Thomas s’exclame « Je n’aime pas les musées ! », comment alors lui montrer que ces lieux peuvent être intéressants ? La mythologie grecque permet cette médiation par ces riches histoires et par son actualité : héros Marvel, parcs d’attractions… Désacraliser les beaux-arts et montrer que l’on peut tous en parler, peu importe notre âge ou d’où l’on vient.

J’espère ainsi humblement que par ce livre, des enfants voudront en savoir plus sur des vases grecs et leurs héros, auront moins peur du labyrinthe des salles des musées, et trouveront que oui, la mythologie, c’est cool !

Pour résumer :

  • Pour qui ? Tous les curieux de 8 à 99 ans !
  • De quoi cela parle ? Une enquête de deux adolescents coincés dans un musée, sur fond de mythologie grecque.
  • Il coute combien ? 7,90 € pour 84 pages (écrit en assez gros)
  • Où l’avoir ? Il suffit de m’envoyer un email (ballaguy.cyrille@gmail.com) ou de contacter mon éditeur(http://www.nordavril.com/f/index.php?sp=page&c=8). Il sera bientôt disponible pour le commander directement en librairie et sur Internet.
  • On peut avoir des informations en plus ? Je ferai quelques articles : coloriage, article sur Héraclès et ses aventures, dossier pédagogique, salons où je serai présent.

Alors n’hésitez pas à m’en prendre un, à en parler autour de vous notamment à des instituteurs, parents, musées…

# Quelques liens :

Le livre sur le site de ma maison d’édition : http://www.nordavril.com/f/index.php?sp=liv&livre_id=176

Ma page Facebook : Pour tout savoir sur l’actualité de ce livre : https://www.facebook.com/BallaguyCyrille/

Et si Troie était le Gouffre de Helm…

Petit compte-rendu d’une lecture estivale qui m’a agréablement surprise, publiée par la maison d’édition parisienne Bragelonne.

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C’est vrai qu’au départ, j’ai hésité. Encore un roman sur Troie ! Puis j’étais resté sur la déjà intéressante vision de Marion Zimmer Bradley qui dans La Trahison des Dieux, décrit la guerre du point de vue de la princesse Cassandre. On peut aussi citer le roman graphique L’âge de bronze d’Eric Shanower, très immersif. Alors retrouver les mêmes, encore une fois…

L’histoire pourtant m’a surprise et pour cause. Feu David Gemmell (il est mort en 2006) modifie les visions traditionnelles de cette épopée mythologique. Si cela surprend au début, force est de constater que c’est bien fait, assez logique et apporte un peu de nouveauté.  Par exemple ce que l’auteur fait du grand héros Énée. Son père n’est qu’un pirate devenu seigneur égoïste, sa mère n’est pas Aphrodite mais une mère qui se prenait pour une déesse. Puis il rencontre Andromaque pour une petite love story.  Bref, c’est déroutant mais pourquoi pas ?

On suit aussi le destins de personnages inventés mais fascinants comme un esclave égyptien, un guerrier mycénien repentit, un petit pécheur crétois. Les voir évoluer et rencontrer Ulysse ou Priam est vraiment jouissif.

Pour finir et sans trop spoiler, je soupçonne fortement l’auteur d’avoir fini son livre en regardant le dvd du Seigneur des Anneaux : Les deux tours, tant la bataille finale dans la citadelle de Troie ressemble quasiment à celle du Gouffre de Helm : la nuit à tenir, l’attente du sauveur, les femmes et les enfants cachés, les archers, la percée héroïque de guerriers badass… Notez tous les points communs, c’est très amusant. Du coup j’ai hâte de lire les autres tomes pour avoir ma bataille de Minas Tirith, et Enée couronné roi comme Aragorn ?