Le grand archer méconnu de Valenciennes

Philoctète, Jean-Baptiste Carpeaux

France, 1852, plâtre, sculpture, Inv : S.90.17, Musée des Beaux-Arts de Valenciennes,

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© La Région des Musées

Cette œuvre de Jean-Baptiste Carpeaux montre toute la richesse intellectuelle et artistique que devait acquérir un jeune sculpteur au milieu du XIXe siècle.

Né à Valenciennes en 1827, il s’installe onze ans plus tard à Paris avec sa famille. Il prend des cours de dessin et entre à dix-sept ans à l’école des beaux-arts où il reçoit une pension de Valenciennes. La sculpture l’intéresse et il prend des cours chez François Rude, grand sculpteur romantique. Son but est alors d’obtenir le Grand Prix de Rome qui permet à l’étudiant de vivre trois ans en Italie pour se former auprès des œuvres antiques. Pour réussir ce concours, il faut réaliser une œuvre imposée qui a souvent pour thème les épisodes de la Bible ou de la mythologie gréco-romaine. En 1852, le sujet porte sur Philoctète blessé à Lemnos. Les prétendants doivent proposer une sculpture originale tout en restant dans les normes du néoclassicisme : matière lisse, immobilité et dignité des formes… Le jeune sculpteur peine à trouver l’inspiration et pour la posture du héros, il s’inspire d’un des fils du Laocoon, célèbre sculpture antique retrouvée à Rome à la Renaissance. Il n’obtiendra alors que le Second Prix, avant d’obtenir le Concours deux ans plus tard avec une autre sculpture de sujet mythologique, également présente au musée : Hector implorant les dieux en faveur de son fils Astyanax.

Héros d’une tragédie de Sophocle, Philoctète est pourtant rarement évoqué lorsque l’on parle de la Guerre de Troie. Ami d’Héraclès, celui-ci lui confie ses fameuses flèches et son arc avant de mourir. Philoctète est alors un des plus grands guerriers de l’armée grecque qui s’apprête à assiéger la ville de Troie. Mais en chemin, il se fait piquer par un serpent. Sa blessure s’infecte et sent tellement mauvais que les Grecs l’abandonnent sur l’île de Lemnos. C’est dans cette posture que le représente Carpeaux, avec ses armes déposées à terre et se touchant le pied où un bandage cache l’horrible plaie. Au bout de neuf ans, les Grecs ne parvenant toujours pas à remporter la guerre, leur devin leur demande de retrouver Philoctète. Ramené devant Troie, le héros est enfin soigné et tue, grâce à ses flèches, le prince troyen Pâris. Peu de temps après, il participe à l’épisode du Cheval de Troie qui conduit à la destruction de la ville et à la victoire des Grecs.

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Être pétrifié en plein cœur de Lille

Tête de Méduse, Anonyme

Chêne sculpté et fer (serpent sommital), Lille,1691, H: 37 cm x L: 68 cm, ML 35.1

Trois têtes de Gorgones habillé© Musée de l’Hospice Comtesse photographie : Fréderic LEGOY

Cette pièce fait partie d’un ensemble de trois têtes qui permet de nous éclairer sur un ancien bâtiment de Lille assurant le pouvoir des rois français : le Bureau des Finances.

Une chambre des comptes existe à Lille depuis 1385 et son installation par Philippe Le Hardi, duc de Bourgogne. Elle permettait de contrôler les finances des communes proches, de gérer les archives fiscales mais aussi de réaliser certains jugements en appel. C’était un outil précieux aux mains des dirigeants bourguignons puis espagnols.

Après la conquête de Lille par la France, Louis XIV transforma la chambre en Bureau des Finances et augmenta ses prérogatives sur les provinces de Flandre, d’Artois, du Hainaut…Les présidents et trésoriers du Bureau étaient alors de la haute bourgeoisie flamande, ce qui accéléra leur intégration dans le royaume. Mais avec la Révolution française, le bureau disparut.

Trois têtes pour trois sœurs : Sthéno, Euryale et Méduse. Elles étaient tellement laides que quiconque les regardait mourrait pétrifié. Méduse était différente de ses deux sœurs puisque seule, elle était mortelle.

Le héros Persée est chargé de la tuer pour rapporter sa tête au roi de l’île de Sériphos. Il se fait aider par les dieux Athéna et Hermès qui lui donnent notamment une épée, un bouclier et des sandales ailées. Persée se sert du bouclier comme d’un miroir pour ne pas croiser le regard du monstre puis lui tranche la tête. Il s’enfuit très rapidement pourchassé par les deux sœurs de Méduse. Du sang de celle-ci naît notamment le cheval ailé Pégase.

Pourquoi ces représentations dans ce bâtiment ? Peut-être pour montrer aux habitants ce qui les attendait s’ils ne payaient pas leurs impôts.

Si vous voulez connaître la suite des aventures de Persée, cherchez la princesse Andromède dans une peinture de Paul-Alexandre Deschmacker à la Piscine de Roubaix.

Le beau Narcisse de Calais

Narcisse à la fontaine, Louis Chauvin

Marbre, XXème siècle, 52,5 H x 27,5 L x 21 P cm, dépôt du Fonds national d’art contemporain (Centre national des arts plastiques), Ministère de la culture et de la communication, Paris au musée des beaux-arts de Calais. N° Inv. FNAC. 9767. Année de dépôt : 1977, n° inv.mba. D.977.7.1.

Louis Chauvin, Narcisse à la fontaine-Calais

© F. Kleinefenn

La mythologie a aussi inspiré les artistes proches de l’abstraction trouvant dans certaines histoires, grande matière à réflexion.

C’est le cas du mythe de Narcisse chez l’artiste français Jean Gabriel Chauvin dit Chauvin. Il réalise sa première sculpture, La Métamorphose, dès ses 17 ans. En bois et taillé au couteau, il doit la cacher sous du charbon pour ne pas se faire réprimander par son père. Dès lors, le thème de la transformation fut toujours présent dans son travail. Arrivé à Paris en 1908, il s’essaye au cubisme avant de choisir l’abstraction. Il fut élève et praticien de Joseph Bernard jusqu’en 1914. Il est présent dans les nombreux salons des avant-gardes puis expose après la Seconde Guerre mondiale partout en Europe.

Le mythe de Narcisse est le sujet de nombre de ses œuvres. Ici un lien peut être trouvé avec le mythe dans sa tentative de symétrie de la figure (entre la gauche et la droite). L’utilisation du marbre blanc rappelle aussi les sculptures antiques et leur beauté idéalisée figée dans cette pierre à la surface lissée.

L’histoire de Narcisse commence par une malédiction. Le devin Tirésias annonce à sa mère que son fils aura une longue vie à condition qu’il ne voie jamais son image. Elle supprime alors tous les miroirs de leur maison. Narcisse grandit et devient d’une grande beauté. De nombreux jeunes hommes et femmes le courtisent mais Narcisse se refuse à tous. Il se moque notamment de la nymphe Écho qui ne peut que prononcer la fin de ses phrases, gênée par son propre écho. Attristée, elle demande aux dieux de le punir. Aussi, un jour qu’il était à la chasse, Narcisse saisi d’une soudaine soif, va se désaltérer à une rivière. Il voit alors son reflet dans l’eau. Pensant rencontrer une autre personne, il en tombe amoureux. Mais l’eau se trouble à chaque fois que Narcisse pleure ou tente de saisir son reflet. Il meurt ainsi de tristesse, noyé dans son propre reflet et son corps est transformé en une fleur : le narcisse.

Le thème a beaucoup intéressé les artistes comme en témoignent une autre sculpture plus classique, à Valenciennes ainsi que le décor d’une plaque en émail du musée de Bailleul.

le dieu des forges dans le site archéologique de Bavay

Vulcain, bronze

IIe s. apr. J.-C., h. : 12 cm, Forum antique de Bavay, musée archéologique du Département du Nord, inv. 1969 BR 16

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© Beurtheret – Forum antique de Bavay

 

Comment parler de mythologie en Hauts-de-France sans évoquer un des lieux les mieux conservés où furent honorés ces dieux durant l’Antiquité ?

Bavay, anciennement Bagacum était une importante ville romaine. On peut y visiter aujourd’hui le plus grand forum romain au Nord de Rome ainsi qu’un très beau musée. Un chroniqueur du XVe siècle, Jacques de Guise, fait remonter l’origine de la ville à l’épisode mythologique de la guerre de Troie. Le roi de cette ville mythique, Priam, aurait eu un neveu, Bavo qui aurait fui la ville après l’épisode du cheval de Troie. Il serait alors venu jusqu’au site de Bavay avec quelques Troyens et aurait fondé la ville de « Belgis » qui serait devenue Bagacum. En réalité, cette ville était la capitale de la cité des Nerviens instituée lors de la réorganisation administrative de l’Empire romain par Auguste au cours du Ier siècle ap. J.-C. Le forum était le cœur administratif, judiciaire et religieux de ce territoire.

Cet objet fait partie d’un ensemble exceptionnel de 371 pièces retrouvé lors d’une fouille en juillet 1969 menée sous la houlette du chanoine Biévelet. Outre de nombreuses statues du panthéon romain, les archéologues ont retrouvé plusieurs éléments de mobilier ou servant à la vie quotidienne. On ne sait toujours pas l’origine de ce « trésor » : butin, dépôt de fondation, cachette de bronzier ?

Cette statuette est l’occasion de parler du dieu des métaux et du feu : Héphaïstos ou Vulcain chez les Romains. Fils d’Héra et de Zeus, il fut jeté du haut de l’Olympe à cause de sa laideur. Devenu boiteux, il se vengea en offrant un trône ensorcelé à sa mère, qui une fois assise ne pouvait plus bouger. Les dieux lui pardonnèrent et grâce à Dionysos qui l’enivra, il put rentrer dans l’Olympe. On lui donna alors comme femme Aphrodite, qui le trompa très souvent. Ce dieu fut très honoré par les Romains. On situait son lieu de travail sous les volcans italiens : l’Etna ou l’île de Vulcano. C’est de là qu’il aurait forgé les armes de grands héros comme Achille ou Énée. Sur cette statuette il est représenté avec un pilos, chapeau conique que portaient les artisans.

 

la fratrie romaine de Boulogne-sur-Mer

Statuettes de Castor et Pollux, dits « les Dioscures »

Inv. 1187 et 1188/5, Boulogne-sur-Mer, IIe-IIIe s. ap. JC, Calcaire de Marquise, N° 1187 : H : 59 cm, N° 1188 : H : 57 cm

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Collection du Musée de Boulogne-sur-Mer ©Service Archéologie, Boulogne-sur-Mer

 

En plus de ses riches collections de vases grecs, le Musée de Boulogne possède de nombreuses statues de dieux et héros datant de l’époque romaine.

Le groupe des deux statuettes présentées ici fut trouvé en 1826 lors du creusement d’un puits dans le jardin du comte d’Herlen. Ces deux statuettes pourraient appartenir à un monument funéraire et être rattachées à la nécropole dite du « Mont à Cardons », connue dans ce secteur, pour l’antiquité tardive mais dont l’extension n’est pas certaine. Boulogne, alors appelée Bononia, était le siège d’une flotte militaire et le port d’embarquement à destination de la Britannia, mais son agglomération demeure méconnue.. Il n’est pas surprenant alors de retrouver des statues de ces dieux en contexte funéraire. Ces deux frères, appelés les Dioscures ou « Fils de Zeus » avaient en Gaule le statut de dieux protecteurs des voyages maritimes. Leur culte fut très important tant à Sparte où ils étaient associés au pouvoir royal des deux rois, qu’à Rome comme protecteurs de la jeunesse et des cavaliers.

Dans la mythologie, Castor et Pollux sont en fait demi-frères. Zeus voulant séduire la reine de Sparte, Léda, il se transforma en cygne et s’unit à elle. Mais le même soir, le roi de Sparte Tyndare coucha aussi avec sa femme. De l’union de Zeus, Léda accoucha d’Hélène et de Pollux et de son mari, elle eut Castor et Clytemnestre. Très attachés l’un à l’autre, les deux frères libérèrent ensemble Hélène quand elle fut enlevée par le vainqueur du Minotaure : Thésée. Ils participèrent aussi à la conquête de la Toison d’or avec Jason, Orphée, Heraklès…

Ils moururent face à deux autres frères : les Apharétides. Fils de Zeus, Pollux était immortel et fut reçu sur le Mont Olympe, tandis que Castor alla aux Enfers. Ne pouvant souffrir cette situation, Pollux demanda à partager son immortalité avec son frère. Ils passent ainsi ensemble, un jour parmi les dieux, l’autre aux Enfers.

Une héroïne chasseresse à Douai

Atalante – Anonyme allemand du XVIe siècle

1520-30,sculpture sur bois (buis), Musée de la Chartreuse de Douai, Inv : A.1437

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© Douai, Musée de la Chartreuse – Photographe : Florian Kleinefenn

 

Cette statuette en buis taillé figure l’héroïne Atalante.

Elle témoigne de l’élégante formule qu’élaborent au début du XVIe siècle les sculpteurs germaniques, au contact de l’influence maniériste italienne. La posture très dynamique de cette jeune fille à la jambe gauche surélevée, fléchie et légèrement portée en avant, lui permet d’occuper pleinement l’espace. De même l’animation créée par l’envol des drapés fait largement échos aux recherches de mouvement qu’adoptent alors les sculpteurs de l’école germanique. L’ensemble de ces éléments laisse deviner l’athlète et la guerrière qui se dissimulent sous cette coquette robe à crevés et cette pose quelque peu affectée. Car comme nous l’indique la pomme tenue dans cette main gauche, au poignet artificiellement contorsionné, posté sur la hanche, c’est d’Atalante dont il s’agit ici.

 

Abandonnée dans la forêt par son père qui souhaitait un héritier, Atalante est allaitée par une ourse envoyée par Artémis, avant d’être recueillie par des chasseurs. Sous la protection de la déesse, la jeune fille, devient une redoutable chasseresse et participe même avec succès à la célèbre traque du sanglier de Calydon.

Ayant fait vœu de conserver sa virginité, elle met au point un stratagème pour se débarrasser de ses prétendants : ces derniers devaient, pour pouvoir l’épouser gagner une course contre elle. Nombre sont les concurrents malheureux qui perdirent la vie en même temps que l’épreuve. Mais selon Apollodore, la déesse Aphrodite confia à Mélanion, trois pommes d’or que le héros sema dans sa course contre Atalante. La championne s’attarda pour ramasser les précieuses pommes, Mélanion triomphant épousa ainsi la jeune athlète. Mais ayant oublié de remercier la déesse de l’Amour, le couple fut puni : un désir irrépressible les poussa à s’unir dans un temple, et pour ce sacrilège les deux amants furent métamorphosés en lions.

Une belle princesse au bord de la Piscine de Roubaix

Nausicaa, Georges-Armand Lacroix

Lacroix habillé 2007-45-2© Alain Leprince – Roubaix Musée La Piscine

Figure gracieuse de la Piscine de Roubaix, Nausicaa fait partie des nombreuses divinités marines du musée.

Ouvert en 2001, le Musée d’art et d’Histoire de la ville de Roubaix a alors pris place dans l’ancienne piscine art déco d’Albert Baert construite dans l’entre-deux-guerres. Le bassin central a été gardé et sont placées tout autour de nombreuses sculptures des XIXe et XXe siècles. Quoi alors de plus logique que d’y retrouver de nombreuses œuvres liées aux dieux de la mer ? Le maître de ce monde est présent puisque c’est de la bouche d’une tête de Neptune sculpté, que sort l’eau. Sa femme, Amphitrite, n’est pas loin, dans une sculpture d’Eugène Deplechin. Nausicaa, princesse d’une grande île fait partie des nombreuses nymphes, danaïdes et sirènes qui entourent le bassin au côté du couple divin.

Nausicaa est la princesse du peuple des Phéaciens. Dans l’Odyssée, Athéna lui commande d’aller laver son linge près de la mer. C’est là qu’elle aperçoit Ulysse qui vient de subir un énième naufrage à cause de Poséidon. Elle tombe tout de suite amoureuse de cet étranger et espère en faire son mari. Elle l’habille et le conduit dans sa capitale. Arrivé au palais, il est accueilli avec tous les honneurs par les souverains. Le héros raconte alors toutes ses aventures (cyclope, sirènes…). Le roi lui propose sa fille en mariage mais Ulysse refuse : il veut rentrer chez lui ! Les Phéaciens lui donnent alors un bateau et devant le regard attristé de Nausicaa, Ulysse repart vers Ithaque.

Vous pouvez retrouver deux autres aventures d’Ulysse au Musée de Saint Omer où il est représenté dans des peintures de Léon Belly et François Chifflart.

Le bel Héraklès, tueur d’oiseaux au Musée des Beaux-Arts de Calais

Héraklès archer, Antoine Bourdelle

Torse,  bronze, 1909, fonte Godard n.6, 1971, 91,2 H x 65,7 L x 47,5 P cm, dépôt de Rhodia Dufet-Bourdelle en 1986, dépôt du musée Bourdelle, musée de la ville de Paris au musée des beaux-arts de Calais en 1986, n° inv. D.977.4.1.

Antoine Bourdelle, Héraklès archer-Calais. © F. Kleinefenn

Cette sculpture en bronze est une étude préparatoire de torse pour l’une des œuvres les plus connues d’Antoine Bourdelle, représentant Héraklès (ou Hercule chez les Romains) lors de l’un de ses 12 travaux : celui qui le conduisit à affronter les oiseaux du lac de Stymphale.

Antoine Bourdelle est un très grand sculpteur français de la fin du XIXe siècle-début XXe siècle. Célèbre et célébré de son vivant, il travailla comme praticien de Rodin de 1893 à 1908. Il contribua à former des artistes comme Matisse, Giacometti ou Germaine Richier. Il puise dans la mythologie grecque une riche iconographie. Outre Héraklès, on lui connaît des représentations d’Apollon, de Bacchantes ou encore de Pénélope dont un bronze est visible au Palais des Beaux-Arts de Lille.

Pour représenter ce héros grec, il demanda à un ami militaire à la forte musculature, le commandant Doyen-Parigot de poser pour lui. Après plusieurs versions, l’œuvre fut fondue en bronze une première fois en 1909 pour le financier Gabriel Thomas, puis sa version monumentale eut un grand succès en 1910 au Salon de la Société nationale des beaux-arts, ce qui lui valut d’obtenir d’importantes commandes en France et à l’étranger. Depuis, de nombreuses fontes que ce soit de la figure dans son entier ou bien, comme ici, du buste ou de la tête, ont été réalisées.

Le sujet représenté est donc un Héraklès en pleine tension et action. Après avoir nettoyé les écuries du roi Augias, son cousin Eurysthée lui confia une nouvelle tâche : tuer tous les oiseaux du lac de Stymphale, en Arcadie. À partir de là, les sources divergent quant à la nature de ces animaux et la façon dont Héraklès les vainquit. Ces oiseaux, carnivores, tuaient leurs victimes avec leur bec et griffes en airain. La déesse Athéna, protectrice du héros, lui donna alors des crotales, instruments de percussion en métal. En les frappant l’un contre l’autre, Héraklès vit s’envoler tous les oiseaux du lac. Il put alors saisir son arc pour les transpercer un par un avec ses flèches. La sculpture montre Heraklès bander son arc. Sur la figure complète, dont un exemple est visible notamment au Musée d’Orsay, ses mains tiennent l’arc tendu.

Si vous désirez voir les autres travaux de ce héros, vous pouvez vous rendre au Château-Musée de Boulogne-sur-Mer qui possède de nombreux vases grecs sur le sujet.