Athéna vs Géants !

Troisième vidéo avec un super déesse badass !!

Cette fois ci, deux œuvres autour de la déesse de la guerre et de l’intelligence, avec par ordre d’apparition :

  • un skyphos (vase à boire) athénien du quatrième quart du VIe siècle av. J.-C. Inv. 37.1003
  • un lécythe (vase à parfum) athénien du Groupe d’Haimon, vers 480 av. J.-C. Inv. 37.926

Enfin un ÉNORME et grand MERCI pour la voix et l’implication à Sarah Lorquet ! N’hésitez pas à consulter la page Facebook de son projet « Tartuffe et Pythagore » pour lier science et vulgarisation et théâtre ! @TartuffePythagore

Plus d’informations sur le Musée de Laon sur son site site internet  : http://www.ca-paysdelaon.fr/musee.html

A quoi ressemble le vase ?

Que vous ayez lu ou pas mon livre, c’est un fait, un vase grec du Palais des beaux-arts de Lille se trouve au centre de l’intrigue. Il représente le héros Héraclès en lutte avec un taureau. Et ce vase, et bien c’est celui-là !

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Et à tout vous dire, même en consultant le dossier de l’œuvre au musée, on n’en sait pas beaucoup plus que ce qu’en disent les informations, présentes dans un cartel à côté de l’œuvre. A savoir :

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Un peu compliqué ? Laissez-moi vous éclairer !

  • c’est un lécythe : un vase à parfum (généralement composé d’huile avec des épices). Ce genre de produit coutait très cher, c’est pour cela que le vase est assez petit.
  • Il vient d’Athènes et a été réalisé autour de – 500 et – 470. C’est l’époque de la démocratie et des guerres entre les Grecs et les Perses (si vous connaissez ou avez vu le film 300 de Zack Snyder). Les vases étaient tous réalisés dans un même quartier au nord de la ville, le « Céramique » qui avait vu sur l’Acropole.

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  • On ne sait ni qui est le potier, ni qui est le peintre de ce vase. Sa façon de faire ressemble au Peintre d’Haimon, un artiste vivant à cette époque. Il devait donc s’agir de quelqu’un de son atelier (à l’époque les artisans qui avaient du succès pouvaient avoir de nombreuses personnes travaillant pour eux). Pour preuve, le même sujet est présent dans un vase conservé au musée du Louvre : c’est presque pareil, mais pas tout à fait (les cornes, la tête du héros…)

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  • Il représente le 7eme des 12 travaux d’Héraclès. Il s’agit d’un féroce taureau, cadeau du dieu de la Mer Poséidon au roi de l’île de Crète, Minos. Sauf que cet animal détruit et mange tout sur son passage. Héraclès le capture après une grande lutte et le ramène chez son cousin qui le…relâche dans la nature. C’est le héros Thésée qui, plus tard, le tuera pour de bon.

Et sinon peut-on le voir aujourd’hui au Palais des beaux-arts de Lille ?  et bien non, car le musée rénove les salles du sous-sol où sont d’habitude exposées ces vases grecs. Il faut donc attendre encore quelques mois avant d’espérer revoir ce petit lécythe. Je vous tiendrai au courant !

En attendant pour prolonger sur Internet :

Hercule : de Boulogne-sur-Mer aux péplums, un succès foudroyant !

Vous voulez de la recherche universitaire en direct ?

Je souhaite alors partager avec vous une intuition que j’ai eu hier vers 17h30 ! Mes outils : mes dvds sur Hercule et mes photos de vases du musée de Boulogne-sur-Mer qui possède une énorme collection de vases grecs sur le même personnage.

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Hercule est un héros, un vrai. Il a eu notamment son heure de gloire au cinéma dans les années 1960. En 1958 sort en effet Les travaux d’Hercule (qui narre en fait la quête de Jason et des Argonautes, enfin bref) de Pietro Francisci. Succès mondiale qui relance les péplums, et les aventures mythologique du fils de Zeus. Les Italiens vont alors jusqu’à produire 31 films sur le sujet en 1964. Même Marvel ne fait mieux en ce moment avec ses supers-héros ! Hercule est alors toujours représenté pareil  : pas de peau de lion ni de massue, mais des gros muscles (ce sont des culturistes sans talents d’acteur qui le joue) et une belle barbe bien taillé.

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Au fur et à mesure, les scénaristes épuisent ses mythes et Hercule va jusqu’à affronter Ulysse, Goliath ou même des vampires. Il correspond au type même du mec sauvant la veuve et l’orphelin dans des paysages baignés de soleil et une temporalité exotique. Puis dès 1965-66 tout s’arrête brutalement. Sergio Leone débarque avec ses cowboys et la mode passe directement des péplums aux western-spaghetti !

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Et bien, croyez-le où non, le même genre de mode autour d’Hercule a eu lieu 25 siècles plus tôt ! Nous sommes à Athènes entre 550 et 510, le pouvoir est entre les main du tyran Pisistrate et de ses fils. Pour voir des images chez soit, pas de dvds mais des vases sur lesquels de grands artistes représentent des scènes mythologiques. Pisistrate adore Héraclès, comme lui, il croit être protéger par la déesse Athéna.Du coup les potiers ne vont pas arrêter de représenter les 12 travaux du grand héros sur des vases qui seront exportés dans toute la Méditerranée : de la propagande politique en somme.

Hercule est toujours pareil : muscles, barbe mais aussi peau de lion (de Némée) et sa grosse massue(un tronc d’olivier). Les artistes ont quand même de la liberté et eux aussi s’amusent ! les mythes en fait, ils s’en fichent un peu. On peut alors retrouver Héraclès entouré de pleins d’animaux (c’est trop mignon des petits agneaux !) ou jouant de la lyre devant une assemblée. Mais en -510 badaboum arrive LA démocratie. Héraclès associé au tyran n’a plus la côte et on lui préféré rapidement un héros local : le gentil Thésée !

Bref, vous l’aurez j’espère compris : il y beaucoup de similitudes entre ces deux « modes » herculéennes. En un temps précis, sur un art particulier, dans une logique mondialisée, un même personnage, avec ses propres codes a été employé de manière exponentiel pour…disparaitre aussi vite. Après bien sûr et heureusement Hercule a toujours eu une certaine  cote, mais pas autant qu’en ces deux périodes historiques précises. Mon but est alors de montrer qu’on peut tout à fait comparer des belles œuvres de nos musées avec de gros nanars de la culture populaire. D’ailleurs les super médiatrices du musée de Boulogne-sur-Mer montrent souvent des extraits de ces péplums dans leurs visites !

Le grand héros tragique de Boulogne-sur-Mer

Amphore dite du « suicide d’Ajax », attribuée à Exékias

Inv. 558/3, Athènes, vers 530 av. JC, Céramique à figures noires, H : 54, L : 36.8 cm

Suicide d'Ajax habillé - 558.3 © philippe beurtheret-Habillé

Collection du Musée de Boulogne-sur-Mer ©Philippe Beurtheret

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Considérée par la Revue des amis du musée de Boulogne comme La « Joconde » des vases grecs à figures noires, cette œuvre représente un épisode peu connu de la Guerre de Troie.

Il s’agit d’une amphore, vase qui contenait du vin mêlé à de l’eau et des épices. Réalisé à Athènes, entre 555 et 525 av. J.C, elle est l’œuvre d’un des rares artistes de l’époque dont nous connaissons le nom : Exékias. En effet, celui-ci a signé nombre de ses œuvres même si ce n’est pas le cas avec celle de Boulogne. Il est alors le maître de la technique « à figures noires » qui consiste à représenter le fond en simple argile orangée, alors que les personnages et décors sont en noir, couleur obtenue par une triple cuisson. Les détails sont gravés avec de petits outils. Le génie d’Exékias réside dans ses grandes compositions détaillées, symétriques et montrant la réflexion des personnages.

Nous ne savons pas où fut trouvée l’œuvre qui arriva dans les collections du musée de Boulogne en 1884. Elle est depuis considérée comme un chef-d’œuvre et offre une belle complémentarité avec les autres vases grecs du musée de Boulogne qui constituent la plus riche collection de vases antiques français après celle du Louvre.

Pour comprendre le mythe représenté, il faut replonger en pleine Guerre de Troie. Grecs et Troyens se font face depuis de longues années devant la ville. Achille vient alors de se faire tuer par le prince Pâris, celui-là même qui a causé la guerre en enlevant la belle Hélène. Achille étant le plus fort des héros grecs, les autres lui organisent de grandes funérailles sur la plage. Mais on prend bien soin de mettre de côté ses armes et son armure qui furent créées par le dieu du métal et des forgerons : Héphaïstos. Le chef des Grecs, Agamemnon propose aux guerriers de s’affronter dans des jeux et c’est finalement Ulysse qui l’emporte devant Ajax. Celui-ci, fier, reconnaît difficilement la défaite et en veut à Ulysse. La déesse Athéna décide alors, pendant la nuit suivante, de le rendre fou. Ajax va massacrer un troupeau croyant tuer Agamemnon, Ulysse et les autres. A son réveil, pris de honte, il décide de se suicider en s’empalant sur son épée. Exékias représente le moment précédant le drame, montrant tout le pathétique de cette tragédie.

Si vous désirez voir les armes d’Achille en question, cause de ce malheur, le musée de Cambrai possède une peinture d’Etienne Jeaurat montrant Achille avec ses nouvelles armes en compagnie de sa mère.

Un jugement divin au Palais des Beaux-Arts de Lille

Le jugement de Pâris, Peintre C

Lille, Palais des Beaux-Arts, vase grec, 575-555 av J.C., Inv : Ant 763.

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© Palais des Beaux-Arts de Lille

Ce vase attique à figures noires représente des mythes liés au cycle épique grec par excellence : la Guerre de Troie.

Il fut réalisé par le Peintre C. Les noms des peintres grecs sur vases sont souvent très étranges car peu ont laissé leur signature sur leurs œuvres. Les historiens de l’art peuvent alors se baser sur un détail, un motif que l’on retrouve sur plusieurs vases pour identifier le peintre. Ici la lettre C correspond à « Corinthien » pour l’influence de ce style et du dessin, alors qu’il fut réalisé à Athènes dans la première moitié du VIe siècle av. J.C. Il s’agit d’un exaleiptron, vase à parfums, utilisé par les riches femmes athéniennes ou étrusques (puisque les vases étaient exportés). On le qualifie aussi de tripode, car reposant sur trois pieds.

16 - Jugement de Pâris - Lille

© Cyrille Ballaguy

La scène la plus reconnaissable est celle du jugement de Pâris. De gauche à droite, on y voit trois déesses : tout d’abord Athéna avec sa lance, Aphrodite, et Héra avec son sceptre. Lors d’un mariage, la déesse Éris jeta une pomme portant la mention « à la plus belle », les trois déesses se sentent alors concernées et demandent à Zeus de choisir. Ne pouvant le faire, il les envoie avec Hermès, dieu messager, vers un juge impartial, le beau prince troyen Pâris. On voit ainsi Hermès avec son caducée (bâton avec deux serpents enroulés) s’approcher de Pâris. Celui-ci prend peur devant l’irruption des dieux et tente de s’enfuir. Il doit cependant choisir et chaque déesse lui promet un présent en échange : Héra lui donnerait l’Asie entière, Athéna l’intelligence politique et Aphrodite, la plus belle femme du monde. Le Troyen donnera alors la pomme à Aphrodite, préférant l’amour au pouvoir ou à la richesse. Ce sera le début de la Guerre de Troie dont on peut voir les conséquences sur les deux autres pieds montrant des scènes militaires.

Ce mythe fut souvent représenté dans l’Histoire de l’Art, vous pouvez ainsi le retrouver à la Chartreuse de Douai dans un grand tableau du XVIe siècle, puis découvrir l’enlèvement d’Hélène par Pâris sur un groupe en faïence du musée de Bailleul.

Les mythes à la Japan Expo !

Ce Vendredi, j’ai fais la première Japan Expo de ma vie !

Ma mission était simple, y dénicher le plus de références à la mythologie gréco-latine ! Et je n’ai pas été déçu !! Petit tour d’horizon

  • dans le coin jeux de société : J’ai retrouvé le jeu que j’ai déjà, Cyclades (j’en ferais un article un de ces jours), et un autre, Elysium, qui m’a l’air assez cool à jouer. Vous incarnez un demi-dieu qui veut prendre la place des dieux de l’Olympe.
  • La série manga : L’ attaque des Titans d’Hajime Isayama. J’ai acheté le premier tome. Les Titans sont des monstres qui dévorent les hommes. L’humanité se cache alors derrière d’épaisses murailles.
  • Les Chevaliers du Zodiaques : Beaucoup de choses sur les chevaliers d’Athéna ou de Poséidon et d’Hadès : des figurines, jeux-vidéo, manga, une exposition, des maquettes, quelques cosplay… C’est clairement la plus forte influence !
  • Save me Pythie. Je vous ai déjà parler de ce super manga d’Elsa Brants. J’ai eu droit avec ma chérie à deux superbes dédicaces d’Hermès et Aphrodite puis on a pu parler des représentations d’Héraclès au cinéma, de sa peluche Zeus et de l’intelligente Athéna.
  • un t-shirt génialissime liant Link de la série Zelda a un vase antique. Depuis le temps que je cherchait un truc de ce genre liant jeux-vidéo et archéologie grecque.

Quelques photos

Jouer à la console au musée !

Ce week-end du 21 et 22 novembre 2015, le Musée de Boulogne a permis une médiation tout à fait originale : la possibilité de jouer à des jeux-vidéo, en lien avec les collections, dans les salles du musée.

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Cet événement réalisé grâce à l’association boulonnaise OSCCOP permit d’installer 5 stations de jeux à l’intérieur du musée.

Ainsi pour les deux salles remplies de vases grecs à sujets mythologiques, nous pouvions jouer au jeu Apothéon sur PS4. Ce jeu d’action/plate-forme possède un graphisme inspiré justement des vases grecs avec les fortes couleurs orange/noir. Y jouer, entouré de toutes ces œuvres est alors d’une grande logique ; les visiteurs, assez nombreux, pouvant ainsi comprendre les liens entre ces deux types d’œuvres.

Bravo donc au Musée de Boulogne pour ce pari réussit !

PS : si cela vous intéresse, voici le site de l’Association : http://osccop.free.fr